Erzatz


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Trois ans après son dernier album Cruel summer, r;zatz revient, transformé.

Pour inscrire ce changement, ce tournant, le groupe a décidé de remettre le E à Erzatz, comme si, enfin, il avait trouvé sa pleine identité, comme s’il avait enfin suffisamment mûri pour dire son nom complet.
Forme mouvante, le groupe est aujourd’hui composé de Takeshi Yoshimura, guitariste, compositeur et chanteur japonais, et de Céline Frezza, toujours productrice et ingénieure du son, mais désormais également chanteuse.
Ils ont fait appel à Aku Fen – musicien d’High tone – oreille extérieure bienveillante, pour arranger et produire. Comme une boucle qui se ferme. Aku Fen est en effet celui qui a donné le goût et les bases de la production à Céline, et si elle a eu besoin de faire ses armes, seule, c’est pour mieux revenir vers son « mentor » une fois son autonomie éprouvée. Le rappeur M.Sayyid, de feu Anti pop consortium et Air born audio vient ajouter la note hip hop, fil rouge de la discographie d’Erzatz.

Musicalement, Erzatz explore sur cet album des contrées plus folks, plus minimales, tout en restant électronique et abstract. Méian serait la rencontre entre les textes des haïkus, et ceux de Brel ou Bukowski (Don’t make me hide est autant emprunt de Ne me quitte pas que de L’amour est un chien de l’enfer) quand les mélodies rappellent celles de Timber Timbre.
Si on ressent toujours la mélancolie, elle est désormais douce, lumineuse, affirmée. Tout en fêlure et en ruptures de rythme, la voix de Céline joue le contraste d’un chant presque parlé, un peu rauque et pourtant suave, comme pour mieux accepter les illusions déçues qu’elle nous raconte.
Les thèmes abordés sont intimes: le mal du pays pour Takeshi, l’anxiété pour Céline, et pour les deux la difficulté de vivre les relations humaines, comme une continuelle dissonance entre soi et les autres.
Ce contrepoint permanent entre la rugosité du texte et ce qui est proposé mélodiquement est une porte ouverte sur un autre possible, l’acceptation, peut-être, de cet éternel paradoxe : la saveur douce amère de la vie.

Comme le titre de l’album, Méian (prononcé méiane, clair-obscur en japonais), plus rien n’est pour Erzatz seulement noir ou blanc. Ni les peines, ni les joies. Ne restent que la sincérité et l’épure de nos sentiments, de notre humanité.


Meian




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