UA-20117402-1

Short Cuts Live

Short Cuts Live FX094 - 2009


1 – Bok (broj 1)
2 – Children of Palakkad
3 – Mundhu
4 – Fenetres
5 – Mistaken Identity
6 – Sterile (part 2)
7 – Under the ground
8 – Mi Nismo Voda (broj 2)
9 – Cube Dub
10 – Genetic Weapon
11 – Brain Booster


Brain Damage

Depuis une dizaine d’années, Martin Nathan et Raphaël Talis produisent une musique très personnelle, approche transversale du dub, de ses origines à ses formes les plus contemporaines. Fondateurs de la scène dub hexagonale qui explosa durant les années 90 aux cotés de High Tone, Kaly Live Dub, Improvisators Dub et autres Zenzile, le duo apparaît pourtant plus “cérébral”, avec une touche sombre et torturée qui tempère leur côté “électrique”. En atteste un premier 5 titres Bipolar Disorder (1999 – Bangarang) suivi en 2002 de leur premier album Always Greener, qui vient logiquement confirmer la singularité du duo.

En parallèle, Brain Damage fera cause commune, l’espace d’un disque, avec les propagandistes du dub anglais, Alpha & Omega, puis des collaborations aussi diverses que prestigieuses : Disciples, Scorn, Zion Train, Lab°, Spectre, preuve de leur aura sur l’échiquier international. En 2004, mariant toujours instruments et machines, Brain Damage renoue avec l’esprit “vocal dub” des pionniers au travers du superbe Ashes To Ashes / Dub To Dub sorti chez Hammerbass. Une démarche qui culmine en 2006 puis en 2007 avec les sorties successives de Spoken Dub Manifesto et de Short Cuts, deux albums conceptuels avec pléthore d’invités prestigieux tels que Black Sifichi, Mark Stewart, Sam Clayton, Hakim Bey, Emiko Otta, Giovani « Subtitle » Marks, propulsant Brain Damage au firmament du dub expérimental et mutant.

C’est donc armé d’une discographie aussi riche qu’innovante que le duo proposera le 28 septembre prochain dix titres live issus de leur dernière tournée.

Enregistré « à la maison » au Fil ( Saint Etienne), le 27 mai 2009 dans une salle comble, cet enregistrement ne déroge pas à la règle et retranscrit de manière fidèle l’expérience sonore dans laquelle le public est immergé. En effet, si les efforts studios des stéphanois restent davantage cérébraux, c’est sur scène que le duo basse/machine accentue délibérément le côté frontal de leur univers pour délivrer un live puissant et pourtant d’une infime précision. En attestent des titres comme Sterile (feat Black Sifichi), Under The Ground (feat Emiko Ota) ou Mi Nismo Voda -Broj 2- (feat Asmir Sabic) qui, développés sur la longueur et soutenus par un kick techno diabolique, mutent en de véritables tubes épileptiques. La déconstruction dub n’en ressort pas moins dans toute sa finesse des mains d’un homme machines doué d’une précision chirurgicale.

Tandis qu’il fait pleuvoir delays, reverbs et autres traitements dub sur ses séquences, le bassiste s’agite avec frénésie sur le rythme telle une marionnette désincarnée, épicentre d’un séisme d’infra-basses affectant autant le public que les murs, le plafond et le plancher de la salle.
Les sensations redeviennent physiques, les infra-basses presque palpables, et le combat contre la rigueur des machines sans merci.
Le live se termine sur Genetic Weapon et Brain Booster, deux titres emblématiques et clin d’oeil à la période « digital dub » du duo, soulevant dès les premières notes une véritable émotion collective.

Et c’est bien là toute la force de Brain Damage en live : proposer des titres à la fois subtiles et percutants à l’image de leur parcours discographique sans cesse en quête de renouvellement. De quoi espérer le meilleur pour leur prochain album studio à venir début 2010.




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