Avec WA SANGI, disponible dès aujourd’hui partout en vinyle, CD et digital, Les Mamans du Congo & Rrobin font de la musique un espace de transmission et d’alerte face aux conséquences humaines et environnementales de la déforestation au Congo.
Et si la forêt pouvait parler ? C’est le point de départ de WA SANGI, troisième album des Mamans du Congo & Rrobin, disponible ce 9 octobre 2026 sur Jarring Effects. Après un premier album éponyme puis Ya Mizolé, le collectif poursuit son exploration à la croisée des traditions orales, des rythmes bantous et de l’expérimentation électronique. WA SANGI, qui signifie « écoute la forêt », élargit le propos du groupe : il ne s’agit plus seulement de préserver un héritage, mais aussi de témoigner, de dénoncer et d’alerter.
WA SANGI, un album face à la déforestation
Au Congo, la déforestation bouleverse les conditions de vie. Elle dérègle le climat, appauvrit les sols, fragilise l’agriculture et menace les ressources en eau dont dépendent de nombreuses communautés. Avec WA SANGI, Gladys Samba, les Mamans du Congo et Rrobin placent ces réalités au cœur de leur récit.
Le morceau Bidilu Bia Sangi donne directement la parole à la forêt. Personnifiée, elle parle, supplie et négocie, racontant sa propre disparition et rappelant tout ce qu’elle rend possible : se nourrir, habiter, vivre. Derrière cette voix se dessine aussi celle des populations dont le cadre de vie est menacé, notamment les communautés autochtones.
L’album s’ancre dans d’autres réalités sociales. Les Casseuses de pierres raconte le quotidien de femmes qui brisent des roches pour survivre, contribuant à construire une ville dont elles restent exclues. `
Mamba Kani met en lumière le paradoxe de populations vivant au bord du fleuve Congo sans accès garanti à l’eau potable.
Avec Taleno, le collectif invite à regarder pour commencer à prendre conscience.
Des berceuses traditionnelles aux récits sociaux
La transmission reste au cœur de WA SANGI. Les berceuses, élément fondateur du projet, deviennent ici des espaces de narration ambivalents : elles protègent, transmettent, mais portent aussi une critique des comportements et des rapports sociaux.
Dans Lili, le groupe interroge l’égoïsme et le manque de solidarité. Ngoma Ngoma convoque les rituels de guérison pour évoquer les dérives liées à la recherche d’argent facile. D’un titre à l’autre, les récits intimes et collectifs se croisent, entre mémoire, croyances, précarité et résistance.
Cette approche donne à l’album plusieurs niveaux de lecture, écologique, social, économique et humain. La musique ne se contente pas d’accompagner les histoires : elle leur donne une forme, une force et un espace de circulation.
Une création entre chants bantous et électronique organique
Sur le plan musical, WA SANGI prolonge la démarche singulière des Mamans du Congo & Rrobin. Les morceaux naissent des voix, des chants et des rythmes portés par les Mamans du Congo. Rrobin vient ensuite prolonger cette matière en temps réel, dans un processus de création ouvert où les structures et les textures émergent au contact direct des voix.
Fidèle à une recherche sonore développée depuis plus de vingt ans, Rrobin façonne ses textures électroniques sans s’appuyer sur des banques de sons ou des presets standardisés. Le résultat conserve une dimension organique, nourrie par la rencontre entre rythmes traditionnels, percussions et machines.
Arrangeur de l’album et des créations live, Mel Malonga joue un rôle essentiel dans cette construction. Compositeur des rythmes et co-architecte musical du projet aux côtés de Rrobin, il structure les chants, les traditions percussives bantoues et les objets détournés pour les faire dialoguer avec l’électronique. Son travail contribue à donner sa cohérence à cette rencontre entre héritage et création contemporaine.
WA SANGI, une expérience musicale et visuelle immersive
Sur scène, l’univers de WA SANGI prend une dimension physique. Voix, polyphonies, danse, percussions traditionnelles, électronique et projections vidéo composent une fresque musicale et visuelle consacrée aux conséquences humaines et environnementales de la déforestation.
Tam-tams, lokolés, bidons, pierres et objets de récupération participent à cette création où les rythmes alternent tension, transe et moments de proximité avec le public. La forêt, l’eau, les communautés autochtones et les travailleuses invisibles deviennent les figures centrales d’un récit collectif traversé par la mémoire et la résistance.
Avec WA SANGI, Les Mamans du Congo & Rrobin signent leur œuvre la plus frontale à ce jour. Un album où la transmission des traditions devient un moyen de raconter le présent et d’interpeller sur ce qui est en train de disparaître.
Écouter la forêt n’est pas une métaphore. C’est une nécessité.
WA SANGI est disponible dès aujourd’hui, le 9 octobre 2026, en digital, vinyle et CD.